Depuis, je n'ai plus jamais voulu retourner en Guadeloupe. Et mon père, lui, n'a jamais fait en sorte que j'y retourne.
J'ai quelques amis dont les pères sont morts. Ils en souffrent, mais au fond ils savent que leurs pères respectifs les aimaient, et ça les réconforte. Et la douleur est amoindrie.
Mais quand votre père que vous aimez plus que tout, et vivant et qu'il se contre-fiche de ce qu'il peut vous arriver. C'est horrible, vous vous demandez ce que vous avez bien pu faire, pourquoi il ne vous aime pas ??
J'ai 19ans je n'ai jamais redoublé, je ne me suis jamais droguée, je sors pratiquement jamais. Tous mes voisins félicitent ma mère pour avoir une fille comme moi. Et mon père lui, je pourrais crever que ça ne lui ferai rien.
Suis persuadée que vous vous dites, mais non quand même pas, c'est ton père.
Ben vous vous trompez.
C'était en 2003, au mois de janvier, une semaine après la reprise des cours, j'étais en seconde, et je la vivais mal, même très mal, je faisais des tentatives de suicides sur tentatives de suicide. Ma mère dépassée, appela mon père a l'aide, en lui demandant de venir pour faire quelques chose, sur ce mon père lui répondit « C'est TA fille, donc TON problème ».
Deux jour après avoir appris la réponse de mon père, en faisant la vaisselle j'ai pris le couteau a viande, le lava, posa ma main sur la table, paume en l'air et avec le couteau m'ouvrit le poignet.
Ho ! Pas très profond mais assez pour perdre une grande quantité de sang en trois heures. Ma mère me trouva inconsciente dans la cuisine appela les secours.
Je suis rester un mois entier à l'hôpital, j'y ais vu tellement de psy, qu'a ma sortie j'aurai pu en devenir un moi-même. Et mon père ne ma jamais appelé, n'ai jamais venu et n'a jamais demandé de mes nouvelles.
Quel père adorable vous ne trouvez pas ?
Bon je vous laisse je dois me rendre chez mon psy.